Edito n°1 - Premier trimestre 2017


En cette période de préparation à Noël, je me permets de vous écrire quelques mots repris des « Mots du directeur » dispensés à vos enfants.

Depuis 4 ans, je prends le temps avec certains membres de l’équipe pédagogique de rencontrer chacun des élèves par niveau deux fois dans l’année sur un créneau d’une heure au 1° et 2° trimestre.

Ce moment est précieux : il est à la fois un moment de rencontre et de réflexion. C’est un temps éducatif.

Dernièrement, j’ai pu partager deux éléments essentiels que je pense intéressant de vous transmettre.

1 - Devant les 4°, 3° et seconde, j’ai pu aborder le thème du bonheur au travers de la question suivante : « le sur-mesure peut-il rendre heureux ? ». Cette question est née à la suite d’une information à la radio l’année passée au sujet du salon international du « Jean ». Le présentateur, mis à part, la question de la mode et des tendances, reprenait comme événement majeur et révolutionnaire la possibilité nouvelle de commander son Jean sur internet en 3D. Il suffirait de répondre à un questionnaire bâti suivant deux axes : un plus personnel et un autre plus pragmatique concernant l’ensemble des mensurations de bas en haut. Vous receviez donc après ce questionnaire le Jean idéal qui répondrait à vos goûts et à votre corps comme un moule de votre personnalité.

Qu’en est-il de ce progrès ? Est-il nécessaire à être heureux ?

Il me semble, au contraire, qu’à une époque qui tend à ramener au MOI toutes choses ou événements, le sur-mesure ne fait qu’accentuer un narcissisme déjà démesuré. Tout est fait pour me correspondre et peu de situations ou de paroles m’incitent à l’inverse, c’est-à-dire, à consentir au réel tel qu’il est.

A vouloir que tout soit sur mesure, suis-je encore en possibilité d’accueillir l’autre et les situations ? Suis-je en possibilité d’être heureux alors que je n’ai pas choisi mon ami, mes parents, mon conjoint et qu’ils ne sont pas à ma mesure ?

Dans une période de l’Avent qui nous invite à accueillir quelqu’un qui nous dépasse et nous précède, Dieu fait homme en Jésus-Christ, la logique n’est pas le sur-mesure mais la démesure d’un Dieu qui nous aime et nous attends.

2 - Aux élèves de premières et Terminales, j’ai pu partager quelques lignes du livre d’Antoine Leiris (« Vous n’aurez pas ma haine ») qui a perdu sa femme lors des événements dramatiques du Bataclan le 13 novembre 2015.

« Vendredi soir, vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils, mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne peux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur. »

Et encore :

« Je ne vous ferai pas le cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu, vous n’avez pas gagné. »

Noël est, et reste la venue du Prince de la Paix. La période de Noël est toujours l’occasion d’une trêve.

  • Entrons en nous-mêmes, fermons les yeux, et découvrons ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de meilleur chez l’autre.
  • Fermer les yeux, c’est aussi faire silence, retourner à soi et à l’essentiel, faire que Noël soit autre chose qu’une affaire de cadeaux.
  • Fermer les yeux, c’est enfin se protéger de toutes les sollicitations et agressions visuelles de plus en plus fréquentes, c’est se retrouver.

Prenons le temps, pendant cet avent, de fermer les yeux et de faire silence. Là commence la paix.

Je vous souhaite une bonne période de l’Avent et un bon chemin vers Noël.

Michel BRONSTUN,

Chef d’établissement coordinateur

Vous trouverez la lettre de M. Le Directeur en cliquant ici : Newsletter n°1 - 1er Trimestre - M. BRONSTUN